



Véronique Branquinho (beige)



Véronique Branquinho (beige)
Le 20 avril
Partir en vacances relève des douze travaux d'Hercules en ce moment. Grèves SNCF, RER, nuage de cendres volcaniques, aucun moyens de transport n'est réellement épargné.
Aujourd'hui, sous la pression des compagnies aériennes, le trafic reprend, doucement il faut l'avouer. Les autorisations de décollage se donnent au compte goutte, et une fois dans l'avion nous ne sommes toujours pas sûrs de pouvoir décoller sans l'énième l'accord préalable de Bruxelles. Manque de chance, mon avion décolle à treize heurs, les autorisations sont plus lentes à arriver. Même à Bruxelles on mange à cette heure là.
20 minutes plus tard, l'autorisation accordée, l'avion décolle, à moitié plein. L'hypothèse que les gens aient préféré jouer la case débrouille j'ai du mal à y croire. Je fais ce trajet depuis près de dix ans, jamais je n'ai eu de la place pour mettre mon sac sur un siège passager. Là, j'en ai deux.
Est-ce vraiment que les français sont devenus débrouillards suite à l'éruption d'un volcan ? Où en a-t-on, une fois de plus trop dit et dans tout les sens ?
S'il y a si peu de gens, j'avoue que je le comprend aisément. Si les avions décollent à nouveau, est-ce sous la pression du capitalisme qui renonce à perdre un million d'euro supplémentaire par jour ou bien qu'il n'y a plus réellement de danger. Quand la veille de mon départ les chaines ertziennes enchainent : principe de solidarité à la Borloo, risque grave d'incident dû au nuage de cendres d'un météorologue et réouverture des aéroports le lendemain, la question se pose réellement à mon esprit.
À convoi exceptionnel, voyage exceptionnelle. Si les prestations de air France sont loin de ce dont on peut avoir l'habitude à bord: Christaline et biscuits à la noix de coco de la mère Poularde, les services humains sont beaucoup moins mécaniques. Première personne fouillée de la journée par l'agent de sécurité, elle esquisse un grand sourire en me demandant d'ouvrir mon sac. Elle engage la conversation sur le contenu de ma trousse et le mystère de la photo d'identité dans ma trousse.
Finalement, ce volcan s'il a perturbé les résultats comptables des entreprises aériennes, il aura au moins fait retrouver le sourire aux personnels des aéroports lorsque se présente les rares téméraires qui osent braver le nuage et monter à bord.