samedi 30 janvier 2010

Sorry seems to be the hardest word



En soit j'ai jamais été une fan d'Elton ni des Blues, mais j'avoue ces derniers jours cette chanson a pris une nouvelle dimension pour ma part. Qui l'eut cru qu'un film (américain de surcroit) puisse faire ressortir des débats philosophiques ou remettre en perspective des éléments de la vie de tout les jours.


Parce que j'avoue, comme tout à chacun il m'arrive d'utiliser ce mot à tord et à travers, juste parce que c'est simple, et on a peu de chance de se faire refouler ; c'est vrai c'est pas politiquement correct de refuser des excuses ?! Et si on le fait pas alors un retournement de situations peut s'opérer. A utiliser ce mot comme une banalité on en oublie que le pardon est quelque chose qui se mérite, qui peut prendre du temps, et qui demande (parfois) du courage. Ok dire pardon quand on a bousculé quelqu'un à la sortie du métro, ça relève pas des 12 travaux d'Hercules mais quand même, le simple fait d'ouvrir la bouche et d'entrer en communication, ça prouve déjà que autrui ne nous est pas (totalement) indifférent.


C'est vrai, quoi de pire que de se retrouver face à l'indifférence de quelqu'un ? A fortiori s'il s'agit d'un proche. L'indifférence c'est ce qui nous pousse à nous enliser dans la critique ou la dispute juste pour avoir affaire à une vrai expression que ce soit du dégoût, des remords, ou de la deception, peu importe du moment que l'autre réagit.

Et puis c'est au point de non retour qu'on se rend compte à quel point ce pour quoi on s'est révolté jadis, n'avait aucune espèce d'importance, mais qu'une fois les pieds dans le plat, on se s'est plus comment s'en sortir, seul.



Invictus.


A ma fac, en L2 j'ai eu l'occasion d'étudier (encore une fois) l'Afrique du Sud, l'Apartheid, l'oppréssion, la censure, les émeutes, en long et en large sans jamais avoir eu la chance de mettre le doigts sur le sport, ces fameux sports de "blanc" qui ont marqués ce pays : le cricket et le rugby. Je ne suis pas une experte dans les deux domaines, même si le ballon ovale m'a attiré très fortement pendant longtemps. Mais ce qui m'a marqué en dehors de tout ce film sur le dévouement de Nelson Mandela et sa determination à faire de l'Afrique du Sud le vainqueur de la coup mondial de Rugby en 92, c'est ce courage qu'il a eu à pardonner ces détraqueurs en faisant passer les intérêts de son pays, ceux des générations présentes et futures à ne plus jamais connaitre cette domination d'un peuple sur un autre.

Même s'il faut reconnaitre qu'aujourd'hui les choses n'ont pas connu une évolution transcendante et ont simplement changer de nom. Ce que certains ont connu sous l'Apartheid, le vive de nouveaux sous un nouveau mot : la Mondialisation.

Ce qui m'a le plus ému dans ce film, c'est vraiment la beauté du pardon dans son plus simple appareil. Pardonner aux blanc d'avoir tuer parents et enfants, d'avoir emprisonné des innocents, sous le seul chef d'avoir une opinion. Demander à tout un peuple de pardonner, comme lui l'a fait.Faire passer son pays avec ses intérêts personnels parce que si hier il avait une famille nombreuse, aujourd'hui il est le père, le frère et l'ami de millions d'enfants.

Si un homme a pu pardonner le mépris, l'indifférence, l'asservissement, Pourquoi serait-ce si difficile de pardonner - injure dit sous la colère, quiproquo, incompréhension et indifférence ?


La preuve que quelque chose est possible vient du fait qu'on sait qu'il éxiste et qu'il n'émane que de propre volonté à le réaliser.




Out of the night that covers me,
Black as the Pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds, and shall find, me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll.
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.

William Ernest Henley