dimanche 28 février 2010

The post-it always stics


Lorsqu'il est arrivé, c'était un peu comme refaire jaillir le passé hors de sa boite à Pandore : lui, celui que j'avais appris a aimer pour la première fois, celui qui m'a fait énormément pleurer, et qui pourtant est toujours resté à mes côtés jusqu'à ce que je décide qu'il en soit autrement. Il était là, droit devant moi. Mon jugement sur ce que je faisais de ma vie maintenant, en comparaison à ce qu'il fut. L'échec que j'essuyais intellectuellement, n'était que plus douloureux parce que je savais qu'il me jugeait, et que c'était la dernière personne par laquelle je voulais l'être.

Pourtant lorsqu'il a posé des questions plus intimes, je n'ai pas menti comme à mon habitude. Qui était-il pour que je me permette de faire cela? Je ne supporte pas de revenir dans ce passé. Beaucoup trop noir. Lorsque je le vois c'est toute la colère et la peine accumulées qui rejaillissent.
Mais quand je lui ai expliqué que je ne pouvais pas, ne serait-ce que le prendre dans mes bras parce que mon cœur est ailleurs et qu'il n'est pas en état. J'ai compris qu'en fait, dans ma chambre cet après-midi là, il y avait deux cœurs brisés qui n'attendaient plus qu'une superglue pour battre à nouveau. A la différence majeure, qu'il devait affronté mon refus catégorique d'un simple geste amical.


A croire qu'on a toujours le retour de bâton que l'on mérite. Alors je me demandais s'il était dur pour moi d'avoir à essuyer une disparition brutale dans la vie d'un homme qui vit dans la même ville que moi, comment a du prendre celui avec qui j'ai vécu 3 ans, lorsque je lui ai annoncé que je partais vivre à 1000km de lui, et qu'il ne pouvait pas me rejoindre parce que c'était fini.

Je sais qu'il ne m'en tient pas rigueur car son amour l'aveugle. Mais justement, et si certains amours avaient besoin de vraiment disparaitre de nos vies? S'il y avait des personnes qui comme ça pouvaient nous faire oublier femme et enfants dès qu'elles franchissent le pas de la porte d'une fête d'anniversaire parce qu'on préfère vivre dans le refus présent que de faire définitivement parti du passé?

Sacha Guitry disait que se séparer ce n'est pas quitter quelqu'un, c'est se quitter tout les deux. Alors comment pouvoir entretenir un amour d'adolescence perdu, lorsqu'on s'est soi-même un peu perdu lors de la rupture ? En jouant une comédie, légère et loufoque, où la personne disparu n'a pas vraiment disparu, représenté par un chiffon ou une odeur. En gardant les mêmes habitudes et les blagues d'autrefois comme des trésors.
Je ne sais si je peux condamner ce comportement, mais aujourd'hui je crois que je l'ai compris. Même si j'ai la certitude que je ne reviendrais pas, j'espère de tout cœur qu'un jour, cette odeur qui nous représentait s'évaporera, pour laisser place à un nouvel amour qu'il laissera entrer dans sa vie.


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