jeudi 25 février 2010

Cours du soir de chinois


Depuis mon arrivée à Paris, je prends des cours du soir de chinois. J'ai jamais su l'expliquer au début pourquoi. Je crois que ça vient à l'origine de la peur de la solitude des soirées parisiennes, et une façon de contrebalancer mon refus d'entrée en Classe prépa.

Et puis cette classe où nous étions une trentaine d'étudiants inscrits, s'est réduite en un groupe intime de 9 étudiants le jour de l'examen oral de juin.

Cette année, je suis en deuxième année. Et j'ai beaucoup de mal à y aller. Ce n'est pas le manque de temps, mais les nombreux trajets et le retard accumulé m'a donnée envie d'arrêter plus d'une fois. Surtout que finir maintenant tout les jours à 20H 15 en moyenne n'a pas de quoi m'émerveiller.

Mais depuis deux semaines, j'ai fait l'effort, de venir à tout les cours de civilisation et aux cours du jeudi (exception notable : aujourd'hui oui). Et en faisant l'effort de revenir, j'ai encore remarqué la diminution de notre petit groupe d'étudiants.

Je suis la Benjamine avec mes 19 ans, la moyenne d'âge étant la trentaine. Et la senior étant septuagénaire. (oui je suis dans une filière à tendance mathématiques ne me frapper pas, j'en suis tout aussi ravie)

Quand j'ai recommencé à aller en cours du soir, je me suis rendue compte que ce qui me manquait vraiment, c'était pas tellement apprendre le chinois, mais l'ambiance qui règne : pas de prises de têtes si on ne comprend pas tout de suite, des dialogues entre les étudiants, une façon à la cool d'étudier qu'on ne trouve pas dans un cursus scolaire normal. Et puis rien à dire, rencontrer des nouvelles têtes différentes de celles formatées qu'on voit tout les jours dans mon autre fac ça fait du bien. Cette classe c'est la diversité incarnée. Je papote avec un directeur d'école primaire, avec un étudiant en Master de physique, et une septuagénaire qui me raconte pleins de trucs intéressants.


Quand je suis arrivée cette année, ce qui m'a le plus touché c'est bien le fait qu'il y a des gens qui, à n'importe quel âge on envie d'en apprendre toujours plus. J'espère faire partir de ces personnes là.

Dans connaitre il y a " naître " comme dirait Victor Hugo. Et c'est vrai qu'en apprenant, surtout après ces cours du soir, même si j'ai été incapable de lire correctement une phrase de caractères, même si ma prononciation ne veut rien dire, j'ai ce sentiment d'en avoir appris. D'avoir toujours envie de m'y remettre de plus belle et de réussir.

C'est pourquoi chaque fois que je me découvre un nouveau projet : le japonais, la littérature russe, la danse classique ou la Capoiera. Voir qu'au final il n'y a pas d'âge pour apprendre, ça me rassure un peu. Je ne me vois pas entrer dans la vie active et arrêter d'avoir de nouvelles passions.

Je crois que je suis définitivement comme dirait mon frère une éternelle étudiante.

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