
La vie humaine, voilà la seule chose qui lui parût justifier la recherche. En termes de valeur rien ne pouvait se comparer à elle. Certes, lorsqu'on observe la vie dans son étrange creuset de souffrance et de plaisir, impossible de protéger son visage derrière un masque de verre, ou d'empêcher que des exhalaisons sulfureuses ne perturbent le cerveau et que des idées monstrueuses ou des rêves informes n'excitent l'imagination. Il existe des poisons si subtils qu'on est obligé, pour en connaître les propriétés, de se laisser contaminer par eux. Il existe des maladies si étranges qu'il faut les attraper pour en comprendre la nature. Et cependant, quelle récompense prodigieuse n'en tire-t-on pas ! Comme le monde entier vous devient merveilleux! Noter la logique curieusement rigoureuse de la passion, et l'émotion qui colore la vie intellectuelle, observer en quel point ils se rencontrent, et en quel point ils se séparent, en quels points ils sont à l'unisson, et en quel point ils sont en désaccord – Quel enchantement!
Tout cela avait un coût certes, mais quelle importance ? On ne paie jamais trop cher une sensation
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Les gens ordinaires attendent que la vie leur dévoile ses secrets, mais au petit nombre des élus, les mystères de la vie sont révélés avant que le voile ne soit soulevé. C'est parfois l'effet de l'art, et surtout de l'art littéraire, qui traite sans médiation des passions et de l'intellect. Mais il arrive qu'une personnalité complexe prenne la place et joue le rôle de l'art, qu'elle soit en vérité, à sa façon, une véritable oeuvre d'art, car la Vie a ses chefs-d'oeuvre raffinés, tout comme la poésie, ou la sculpture ou la peinture.
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«Oui tu as tué mon amour. Autrefois tu excitais mon imagination. À présent, tu n'excites même plus ma curiosité. Tu ne produis plus le moindre effet. Je t'aimais parce que tu étais merveilleuse, parce que tu avais du génie et de l'intelligence, parce que tu réalisais les rêves de grands poètes et donnais forme et substance aux ombres de l'art. Tout cela tu l'as rejeté. Tu es superficielle et sotte. Mon Dieu! Quel fou j'étais d'éprouver de l'amour pour toi! Quel imbécile! Tu n'es plus rien pour moi désormais. Je ne te reverrai jamais. Je ne penserais jamais à toi. Je ne prononcerais jamais ton nom. Tu ne peux savoir ce que tu as représenté pour moi... Oh! Rien que d'y penser m'est intolérable! Ah! Si je pouvais ne t'avoir jamais aperçue! Tu as détruit tout la poésie de ma vie. Comme tu connais peu l'Amour, si tu peux dire qu'il nuit à ton art. Sans ton art tu n'es rien. Je t'aurais rendue célèbre, splendide, magnifique. Le monde t'aurait adorée et tu aurais porté mon nom. Qu'es tu donc à présent ? Une actrice de troisième ordre avec un joli visage.
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«Si un homme traite la vie en artiste, son cerveau devient son coeur»
Le portrait de Dorian Gray- Oscar Wilde
J'ai l'impression d'être une Sybil Vane a qui l'on a jeté ses derniers mots. Voir pire. Trop insignifiante. Le silence se fait d'or. Là ou moi de la même façon je ne sais plus lire ni écrire. Où tout ce qui m'entoure devient vaporeux et éphémère. Je croyais en l'éternel, je découvre la colère et le silence dans lequel je me mure.

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